HR4Homelessness a identifié un des problèmes les plus urgents pour les services d’aide aux sans-abri, à savoir l’amélioration des services de réduction des risques pour les personnes en situation du sans-abrisme. Jusqu’à aujourd’hui, les sans-abri qui consomment de la drogue ne peuvent accéder aux services de réduction des risques, meurent ou contractent des maladies mortelles. La réduction des risques est la première étape essentielle pour améliorer leur santé.

Les principaux objectifs du projet sont :

  • Le développement de Principes clés en matière de réduction des risques qui aident les services à améliorer leurs services de réduction des risques.
  • L’organisation d’une formation de trois jours, basée sur les principes clés, et ciblant les travailleurs de terrain travaillant avec les services de toxicomanie et d’aide aux sans-abri.
  • Publier des rapports par pays qui fourniront une analyse des services actuels de réduction des risques dans les pays partenaires (HU, DK, NL, PT, IE), incluant les politiques et stratégies importantes dans ce domaine.
  • Développer une enquête européenne sur les services de réduction des risques dirigés par les services d’aide aux sans-abri. Les résultats seront présentés dans un rapport européen qui fournira également une analyse comparative des stratégies actuelles sur les services de réduction des risques dans les pays partenaires et au-delà.
  • Élaborer des recommandations politiques pour les décideurs politiques travaillant au niveau local et européen.
  • Organiser des événements de diffusion pour établir les Principes clés en matière de réduction des risques en tant que bonnes pratiques et diffuser le projet et les résultats.  

Tous les résultats seront disponibles gratuitement et seront publiés sur ce site web, au même titre que les dates des différents événements (prévus pour le printemps 2021). Vous pouvez également contacter la chargée de projet Ruth Kasper.

HR4Homelessness a débuté le 1er septembre 2019 et durera 2 ans. Il est financé par le programme Erasmus+. Le projet implique des organisations travaillant dans les secteurs de l’aide aux sans-abri, l’aide aux toxicomanes et les droits humains : la FEANTSA (Belgique/Europe, coordinateur), Correlation Network / Rainbow Group (NL), la Rights Reporter Foundation (HU), Simon Communities of Ireland (Irlande), Health Team City of Copenhagen (DK), Norte Vida (PT) et SMES-B (Belgique) en tant que partenaire associé.

 

 

L’enquête européenne sur les services de réduction des risques démontre que la plupart des services d’aide aux sans-abri proposent la réduction des risques  

L’enquête réalisée dans le cadre du projet ‘Réduction des risques pour les services d’aide aux sans-abri’ démontre que la réduction des risques est devenue une approche largement adoptée par les services d’aide aux sans-abri et d’autres services d’accompagnement qui viennent en aide aux personnes qui consomment des drogues et de l’alcool. L’enquête a contacté de nombreux services d’aide aux sans-abri, des services actifs en matière de toxicomanie et d’alcoolisme ainsi que d’autres services sociaux et services de santé. Elle a été réalisée en janvier et février 2020. L’enquête visait à évaluer la réduction des risques pour les personnes qui consomment des drogues et de l’alcool, notamment parmi les personnes sans domicile.

Pas moins de 185 organisations venant de 20 pays ont participé à l’enquête ; parmi ceux-ci, 69% étaient des services d’aide aux sans-abri, 8% des services spécialisés en toxicomanie et alcoolisme, 17% des services d’accompagnement locaux ou régionaux (autres que les services précités) et 6% des organismes publics, tels que des services publics de santé. Les résultats démontrent, parmi les différents types de services (à savoir les services d’aide aux sans-abri, les services d’alcoolisme et de toxicomanie, les services sociaux généraux, etc.), la plupart des organisations adoptent une approche basée sur la réduction des risques ; 82% autorisent l’accès à leurs services aux personnes sous l’influence de drogues, 30% autorisent la consommation de drogues au sein de leurs services, et les résultats sont similaires pour la consommation d’alcool. Toutefois, peu de services prévoient des salles de consommation de drogue ou d’alcool au sein de leurs locaux : 11% pour la consommation de drogue et 15% pour la consommation d’alcool. Le fait que seuls 27% des services adoptent explicitement une approche d’abstinence stricte concernant la consommation de drogue (22% pour la consommation d’alcool), démontre que la réduction des risques est largement adoptée non seulement parmi les services spécialisés en toxicomanie et en alcoolisme mais également parmi les services d’aide aux sans-abri et les services sociaux plus généraux. 

L’enquête a également analysé le type d’accompagnement fourni. Les accompagnements les plus souvent proposés par les services d’aide aux sans-abri sont les aides psychosociales, les services de conseil, les aides sociales en matière de réinsertion, les aides à l’emploi et l’éducation et les formations professionnelles. En termes d’aide relative à la consommation de drogue, les services d’aide aux sans-abri proposent généralement la fourniture de seringues, des services de prévention d’overdose aux opioïdes, des tests HIV et Hépatite C et des tests pour les maladies infectieuses Les services spécialisés en toxicomanie et alcoolisme et les services publics de santé jouent un rôle clé dans la fourniture de ce type d’accompagnement. En outre, les résultats indiquent que l’aide par les pairs et les services mobiles ainsi que les services destinés uniquement aux femmes sont devenus des éléments courants des services d’aide proposés par les services d’aide aux sans-abri.

Dernier point mais pas des moindres, il importe de noter que les résultats ne sont pas représentatifs du secteur européen de l’aide aux sans-abri et doivent être interprétés avec prudence dans la mesure où certains pays (comme l’Allemagne, le Portugal et le Danemark) sont clairement surreprésentés dans l’échantillon.

Les résultats complets seront publiés dans le Rapport européen du projet HR4Homelessness à la fin de l’année 2020.

Pour plus d’informations, veuillez contacter la chargée de projet Ruth Kasper.